
Sommaire :
L’emploi du mot «race» serait-il de nature à aggraver les préjugés
racistes ? C’est la grave question que se pose la police cantonale
vaudoise ces derniers jours !
Quand les ailes du parti sont au centre… et quand on a besoin
d’un «beamer» pour une commémoration solennelle…, quand Doudou enquête sur le racisme et que le Temps enquête sur la sécurité
intérieure…, quand les dames de
Max nous entretient d’un western spécial, de lucidité, de prudence
et de lâcheté, d’historiens épris de liberté et d’un président
iranien qui n’use pas de la langue de bois.
Michel de Preux constate, avec le professeur de Mattei, qu’il
n’est plus temps de parler d’immigration,
mais qu’il convient maintenant de parler d’invasion et de conquête.
Claude Paschoud approuve les dénonciation de M. Dick Marti, mais se
demande où il était en d’autres circonstances comparables.
Les pérégrinations d’un Zisyadis migrateur donne à C.P.
l’occasion d’émettre quelques considérations sur l’impôt payé
par les riches.
Le Dessin de notre illustrateur est consacré à M. Ariel Sharon
Le débat fait rage : la mention de la race
d’un brigand dans certains communiqués de la police cantonale revêt-elle
un caractère raciste ?
A la suite de l’attaque à main armée perpétrée
début janvier à Chavannes-de-Bogis, la police cantonale a publié un communiqué
mentionnant que les deux auteurs étaient de race noire. Emoi dans le landernau.
Les milieux antiracistes s’agitent, la police lausannoise donne des
leçons et le médiateur de 24
heures, François Gross dit de
grosses bêtises1. Pour les premiers, l’emploi du mot «race» ne
fait qu’aggraver les préjugés racistes; la deuxième, qui a tout compris,
substitue au mot honni des notions telles que l’origine, le type, la
provenance; quant au médiateur de 24
heures, il nous sert ce morceau de
bravoure : «Elle [l’expression litigieuse] a une connotation raciste et renforce les préjugés.
Seuls les Africains sont touchés. On ne dirait pas un Vaudois de race
blanche !»
A l’heure où je rédige ces lignes, le parti
socialiste s’apprête à interpeller le gouvernement, et le chef du
Département de la sécurité et de l’environnement, Charles-Louis Rochat,
bien que récusant toute accusation de racisme, se déclare disposé à changer la
terminologie. La police cantonale rejoindra donc sans doute prochainement la
police lausannoise dans la soumission à la décence politique.
L’emploi du mot «race» aggrave-t-il les préjugés
racistes ? Incontestablement s’il est associé à des faits peu
réjouissants tels que agressions, trafic de drogue ou bagarres, ce qui est
malheureusement presque toujours le cas. C’est extrêmement fâcheux pour
tous les braves gens de race noire qui vivent et travaillent chez nous, mais
c’est difficilement évitable. Si nous pouvions lire chaque jour dans
notre quotidien qu’un homme ou une femme de race noire s’est
distingué par sa conduite héroïque, sa générosité ou de signalés services
rendus à la communauté, les chose se présenteraient sans doute différemment et
il est probable que les professionnels de l’antiracisme se réjouiraient
de l’emploi du mot «race», puisqu’il battrait alors en brèche les
préjugés racistes.
Est-ce que remplacer la race par l’origine, le
type, la provenance constitue un réel progrès ? Que pensera le bon peuple
quand on lui dira qu’un malfrat est d’origine africaine, de type
subsaharien ou de provenance congolaise ? Il pensera tout simplement que
l’individu en question est de race noire et les préjugés racistes
n’en seront aucunement diminués.
On ne dirait pas un Vaudois de race blanche ? On
ne dirait pas non plus un Sénégalais ou un Antillais – les Africains ne sont pas seuls touchés – de race noire, pour l’excellente raison que,
actuellement , cela va plus ou moins de soi. Un jour viendra peut-être où, par
le biais de la naturalisation, les Vaudois de race noire seront assez nombreux
pour que la police doive préciser que l’individu recherché est
probablement un Vaudois de race blanche ou un Vaudois de race noire. Mais nous
n’en sommes pas encore là.
SOS Racisme et consorts pensent que ne plus prononcer
ou écrire le mot «race» est un moyen de lutter contre le racisme. Pensent-ils
aussi que ne plus prononcer ou écrire le mot «pauvreté» enrichira les
miséreux ? Que ne plus prononcer ou écrire le mot «méchanceté» rendra les
humains plus gentils ? Que ne plus prononcer ou écrire le mot «famine»
supprimera la faim dans le monde ? Que ne plus prononcer ou écrire le mot
«bêtise» rendra l’humanité, antiracistes patentés compris, plus
intelligente ?
Cela dit, et pour conclure, je crois que, si
j’était une Vaudoise de race noire, je trouverais insupportable le
comportement de mes protecteurs, qui n’est pas sans rappeler
l’attitude paternaliste – et donc raciste – des anciens colons si décriés.
Le Pamphlet
1 24 heures du
10 janvier, p. 20
Les ailes de St-Pascal
Sur le site de l’Etat de Vaud, on peut trouver
le curriculum de chacun des conseillers d’Etat1.
Celui de Monsieur Pascal Broulis nous apprend entre
autres qu’il appartient à l’aile centriste du parti radical
vaudois. Si les ailes du parti sont au centre cela explique peut-être pourquoi
après être parti en vrille durant des années, il est en train de
s’écraser dans la médiocrité. (xs)
1 http://www.dfin.vd.ch/chefdedpt/chefdpt.html
Vous
vous souvenez sans doute de l’usage abusif qui fut fait du
rétroprojecteur au moment de son introduction dans les salles de classes des
écoles et dans les salles de théorie des casernes voici trente à quarante ans.
Les profs et instructeurs ne pouvaient plus prononcer un mot sans l’appui
du merveilleux appareil. Quand il n’avaient ni graphique ni image à
proposer, ils affichaient le texte de leur exposé, de sorte que l’élève
civil ou militaire «bénéficiait» deux fois de la forte pensée de
l’orateur. Pourtant, à ma connaissance, jamais aucun président du
groupement de Lausanne de
Aujourd’hui, le beamer
– appareil qui permet de transférer sur grand écran l’image
produite par l’ordinateur – a remplacé le rétroprojecteur. Plus
aucun conférencier ne se déplace sans son ordinateur portatif et son beamer,
quitte à commettre les mêmes abus que les anciens utilisateurs du
rétroprojecteur. Et, cette année, le major EMG Christophe Buache, président du
groupement de Lausanne de
Un
dénommé Doudou Diène, ancien diplomate sénégalais et rapporteur spécial de
l’ONU sur le racisme a procédé, dans le courant de janvier, à une
visite-enquête de cinq jours pour étudier la situation en Suisse en matière de
racisme et de xénophobie. En cinq jours, il a eu largement le temps de faire le
tour de la question et on ne saurait le taxer de légèreté quand il déclare que
nous, les Suisses, nous sommes insuffisants en ce qui concerne la lutte contre
le racisme. En plus, il paraît que les autorités au plus haut niveau cherchent
à dédramatiser la situation. Mais Doudou n’est pas dupe.
D’ailleurs, il a visité un centre de détention à Bâle et n’y a
trouvé que des Africains !1
Le rapporteur de l’ONU devrait
faire attention à ce qu’il dit : là où il voit une inacceptable
manifestation de racisme anti-Noirs, des esprits grincheux pourraient discerner
une dangereuse propension à la délinquance de nos hôtes africains.
On fera par ailleurs remarquer aux
autorités qui dédramatisent qu’elles n’auraient pas à le faire si
1 24 heures
des 14 – 15 janvier 2006, p. 5
L’ennemi public n°1 n’en fait
pas assez pour la police
Le Temps de lundi 23
janvier s’inquiète. «Christoph Blocher ne veut pas d’une police
forte». L’abominable conseiller fédéral «laisse entendre
qu’il ne veut pas de services trop intrusifs dans la vie des citoyens et
craint un appareil policier trop fort et une dérive de l’activisme
juridique.» Sur presque une pleine page, un laborieux scribouillard recense
les critiques d’innombrables «experts» à l’égard du chef du
Département fédéral de justice et police, accusé d’avoir une vision
totalement «dépassée» de la sécurité intérieure. La tranquillité du bon peuple
helvétique est menacée, des terroristes rôdent dans nos rues, tapis dans
l’ombre, et Christoph Blocher est incapable de les arrêter.
D’habitude,
le petit monde des médias affiche plutôt sa consanguinité avec les milieux
alternatifs, anarcho-libertaires, hostiles à l’ordre, malades à la vue
d’un uniforme, voyant en tout pandore un facho raciste et abruti, se
posant en martyrs de l’Etat policier. Le journaliste, par nature,
n’aime pas beaucoup la police, soupçonnée de brimer la liberté des
citoyens et surtout d’être un vivier d’électeurs de l’UDC. Le
journaliste, par les temps qui courent, se méfie des politiques sécuritaires et
des officines de lutte anti-terroriste, toujours suspectes de dérives à
l’américaine.
Mais
voilà, Blocher ne joue pas le jeu. Il brouille les cartes en refusant de jouer
le rôle que la presse voudrait lui assigner: celui d’un George Bush
local, sabre aux dents, tenant les leviers d’un vaste et obscur réseau
policier. C’est ennuyeux: on ne peut pas l’accuser d’en faire
trop. Qu’à cela ne tienne: accusons-le de ne pas en faire assez. Etre
contre Blocher, c’est encore plus important que d’être contre la
police. px)
Les
honnêtes citoyens qui ont la mauvaise habitude (encore qu’une habitude,
du fait même de sa continuité, ne puisse jamais être entièrement mauvaise; elle
le sera en tout cas toujours moins qu’un changement perpétuel), qui ont
l’habitude, donc, de se réveiller le matin en écoutant le programme
d’une certaine radio locale vaudoise, souffrent dès potron-minet en
entendant l’animatrice de service qui tient à leur faire part de ses
états d’âme émotionnés et de ses exclamations indignées contre un monde
peuplé de méchants. A chaque fois que son collègue sélectionne quelque fait
divers dans l’actualité du jour, la voici qui lâche des «oooh»,
des «euuuh mais c’est scandaleux» et des «noooon mais
c’est pas vrai».
Je
me suis levé de fort méchante humeur lorsque cette dame, il y a quelques jours,
a décidé de dénoncer les vilains humains qui brûlent les oiseaux et autres
bestioles suspectées d’être atteintes de la grippe aviaire. Résumé du
propos, de mémoire: «Bien sûr, il faut se protéger de cette épidémie, mais
enfiiin euuuh, quand on découvre comment des être humains sont capables
d’exterminer ainsi des animaux, sans aucun état d’âme et avec tant
de cruauté, en oubliant qu’il ne s’agit pas d’objets mais
d’êtres vivants, et quand on pense à tous ces gouvernements qui couvrent
de tels actes sans rien dire, et quand on voit comment les médias (les
autres, n.d.l.a.) nous montrent avec une indifférence totale ces images
affreuses, sans s’indigner et sans dénoncer ces pratiques honteuses, eh
bien on se dit que les personnes qui sont capables de se comporter comme ça
avec des animaux sont peut-être capables de faire ensuite la même chose avec
des êtres humains, et ça, ça fait froid dans le dos.»
Et
en effet, lorsque je me suis levé et que j’ai ouvert ma fenêtre,
j’ai eu froid dans le dos. Il est vrai qu’on nous bassine un peu
avec ces histoires de virus volants; mais n’est-il pas tout de même
excessif de crier au génocide parce que quelques tribus du Caucase décident de
rôtir leurs volailles malades ?
Découvrira-t-on
un jour que la bêtise humaine est encore plus contagieuse que la grippe aviaire
?(px)
Depuis
le procès de Nuremberg, il est admis qu’au camp de concentration de
Majdanek (Lublin), près d’un million et demi d’êtres humains
ont péri, dont «une quantité énorme de juifs»1. Ce chiffre a été
repris partout, notamment par Constantin Simonov2, ainsi que par
Or, le 23 décembre dernier, dans
Une telle minimisation suffirait sans
doute, en Suisse, à la condamnation de l’impudent à une longue peine de
prison sans sursis. Il y a néanmoins un problème : l’auteur est
directeur de la section des recherches du Musée d’Etat de Majdanek.
Où va-t-on ? (cp)
1 Document URSS-29.
2 Maïdanek, un
camp d’extermination, Editions sociales, Paris, pp. 36 et 39.
En désespoir de cause, les médecins d’Ariel
Sharon décident de tenter des analyses des tissus du cerveau…
Lettre ouverte à J. S. Trécher, vice-sous-dir’cab’ près
le Garde des sots (
Mon
cher Jules,
Tu m’as demandé une image simple pour faire
appréhender à tes énarques le « testing », désormais érigé en méthode
officielle de contrôle pour votre bien vertueuse entreprise nationale de lutte
contre le racisme et de promotion de l’égalité des chances : le
testeur, dans ce cas de figure, c’est un peu comme le type qui inscrit
son bichon maltais à une course de lévriers et jappe à la discrimination
raciale si son candidat est recalé.
A mon tour de te demander conseil : avec quelques
autres convives, je dînais récemment, dans ton pays, chez un vieil ami qui nous
tint les propos suivants : «Tradition oblige, j’avais la
faiblesse de me considérer jadis comme un anti-[je censure ici, en vertu de
ce principe de précaution que vous maîtrisez si bien] sophistiqué, mais je
crains bien que, par la force des choses, me voilà devenu un anti-[dito]
primaire». Merci de me confirmer si je dois le dénoncer à tes services et,
dans l’affirmative, de m’indiquer la marche à suivre et si une
quelconque récompense a été prévue.
[Formule
de politesse – signature]
Une première cinématographique : « Le secret de
Brokeback mountain », western gay à triste fin
Max l’admet, il n’a pas souhaité voir ce
premier pas dans une direction qui n’est pas la sienne. Les critiques
s’accordent, en revanche, pour définir ce film, très primé, comme une
belle histoire d’amour impossible entre deux vachers, dans les années 60
du siècle dernier. Une œuvre, paraît-il, tout en finesse et en
sensibilité. C’est un bon début, mais un début trompeur. On peut ainsi,
sans grand risque d’erreur, imaginer un bref extrait caractéristique du
dialogue d’un prochain western de même sensibilité mais dans le registre
burlesque, façon «Ranch aux folles», en attendant la sortie, en
enchaînement logique, d’un «Règlement de comptes à OQ Corral» version
«hard», classé «grande diffusion – tous spectateurs» :
Jack : – Ouais, Joe, le fils du shérif
n’est pas pour toi… Quitte donc ce village sur ton beau cheval
bai…
Joe [à
son gang, rajustant son foulard de pashmina rose] :
– Non
mais vous entendez, les filles ? Ell’m’cherche ! [A
Jack] Sors ton pistolet de là et dégaine !
[Naturellement, Joe, notre héros, qui tenait déjà son
« six-coups » à la main tire plus vite ; le coup part : «Poum !» Jack s’effondre dans les bras
de son rival…]
Lucidité ? Prudence !
La
lucidité conduit à penser que la seconde plus grande escroquerie du XXe
siècle aura sans doute été de faire accroire, toutes générations confondues, à
un bon milliard de malheureux occidentaux qu’ils vivaient en
démocratie ; la prudence, à admettre qu’il doit bien en exister une
autre, bien supérieure, si parfaite qu’on ne l’a pas encore tout à
fait mise à jour…
Evidence (
Le
détenu d’opinion Ernst Zündel, embastillé en Allemagne, emprunte aux
Etats-uniens une maxime qu’il réserve à son peuple mais qui peut aisément
s’extrapoler à l’ensemble des peuples de notre vieille
Europe : «[Les Allemands n’ont pas] réussi en 60 ans à secouer
les chaînes qui les entravent moralement. Ce n'est pas qu'ils ignorent les
faits : ils sont plus ou moins volontairement aveugles, et ils sont
lâches. Un peu plus de vérité ne les libérera pas davantage ni eux ni
moi : la peur et la lâcheté ont leurs propres règles : les gens qui
ont peur sont comme dans un labyrinthe de terreur – qu'ils se créent
généralement eux-mêmes. Les Américains ont un dicton très juste :
“Le lâche meurt mille fois – l'homme courageux une seule fois”»1.
Lâches… et «formatés», aussi…
Contre
Enhardis
par les pas de clercs et la valse-hésitation de leur gouvernement sur
l’épineuse question des relatifs bienfaits de la colonisation, dix-neuf
historiens français2 «de renom» (pas ceux qui gênent), vite rejoints
par vingt-six personnalités3 – dont la lucide et courageuse
Anne-Marie Le Pourhiet4 – réclament par voie de presse la
suppression des textes-bâillons qui polluent l’arsenal juridique de leur
pays (comme le 261 bis CPS le nôtre) et la liberté de recherche en matière
historique. Préoccupation louable mais bien tardive : le 1.11.2005, sous
le grand chapiteau de l’ONU, par une étrange adoption «par consensus» [Le
Monde du 4.12.2005], des as de la carte forcée5 ont fait
monter d’un cran le verrou maintenant le dogme de certain point
d’histoire récente. En décrétant le 27 janvier «Journée [mondiale] de
l’Holocauste», ces maîtres ont élevé l’interdiction de débat au
niveau supra-étatique… Quant à l’accusé de Lyon6, il a
écopé du maximum. L’argument d’autorité a encore de beaux jours
devant lui...
Sauterie nucléaire à l’usage exclusif des «happy few»…
«Iranians unwelcome !»
Indignation
des compères du monde «libre» de l’«Axe du Bien» : l’Iran du
président Ahmadinejad ne saurait être admis au dangereux club des «Nucléaires»
– pour les démocraties aussi, certains sont moins égaux que
d’autres… Cependant, est-il si étonnant qu’un des rares pays
encore souverains répugne à subir le sort de son voisin irakien désarmé,
agressé, envahi, mis en coupe réglée et finalement rendu au Moyen-Âge ?
Pointe sèche n° 3 : l’imitatrice
Elle
avait si bien peaufiné son rôle de vieille précieuse que je me crus, le temps
d’une illusion, en présence d’une certaine cantatrice qui porte le
même prénom qu’une marque de lessive. Et je me pris à plaindre le mari du
modèle.
Max
l’Impertinent
1 Lettre du
6.1.2006.
2 « Liberté
pour l’histoire », Libération du 13.12.2005, p. 35.
3 « La liberté
de débattre », Marianne du 24.12.05 au 6.1.06.
4 Mme Anne-Marie Le Pourhiet est professeur de
droit public à l’Université de Rennes 1- Faculté de droit et de science
politique.
5 Le quotidien
israélien Haaretz du 2 novembre 2005 confirme que «La
résolution n’a pas donné lieu à un vote.»
6 Cf. « Un
procès en sorcellerie », Le Pamphlet, décembre 2005, n° 350,
p. 2.
«En tant que
musulman, j’affirme que l’islamisme ne peut naître que de
l’islam. En tant que musulman, j’affirme que l’intégrisme
musulman ne peut naître que de l’islam.. En tant que musulman,
j’affirme que l’islamisme est générateur de terrorisme et je défie
quiconque de me démontrer le contraire.»
Kébir Jbil, président du Mouvement des Maghrébins
laïcs de France, Le Figaro, éd. du 23 septembre 2005.
Il importe peu que la majorité, voire
l’immense majorité (comme ils le prétendent eux-mêmes) des musulmans
d’Europe, établis dans nos pays depuis une ou plusieurs décennies, soient
hostiles à la guerre sainte contre nous et disent tenir à la paix. La solidarité
entre musulmans prime, chez eux, toute autre considération lorsque des
communautés non musulmanes et autochtones sont concernées. Le reste n’est
qu’affaire de circonstances.
Voici ce qu’écrivait au mois de
décembre dernier le directeur de Correspondance européenne, le
professeur Roberto de Mattei : «Les récents événements de France ont
permis d’émettre publiquement l’opinion que l’immigration est
un phénomène qui appartient progressivement au passé. Il faut désormais parler
d’invasion et de conquête de l’intérieur. Ce pas franchi ne plaît
pas à ceux qui craignent un revirement dans les «pays d’accueil». Une
appropriation trop rapide du sol européen risquerait de tout compromettre.»1
Il
y a quarante ans, prévoyant la situation présente pour la métropole, le général
De Gaulle trahit délibérément ceux qui l’avaient appelé au pouvoir en
accordant l’indépendance aux départements algériens, leur cédant le
Sahara et leur abandonnant pratiquement les Français de souche,
d’outre-mer, signes de faiblesse aussitôt perçus par les intéressés du
GPRA (Gouvernement provisoire de
L’échec
économique magistral de l’Algérie indépendante, asservie à la corruption
politique massive, malgré le pétrole saharien, n’a pas émoussé, au
contraire, la fierté patriotique des nationaux d’Algérie. Tout
contribuait donc à forger en eux le goût de la conquête du sol français.
Pendant ce temps, les Français, chez eux, se déchirent sur leur identité
nationale, sur leur histoire coloniale ou non. Les rapatriés d’Algérie
maintiennent la mauvaise conscience, diffuse dans la «droite» gaulliste, et
l’évocation des pratiques de torture de l’armée dans ces
départements d’outre-mer, habilement, entretient et prolonge le malaise,
donne des titres à la morale «de gauche»…
Aujourd’hui, être musulman en France, mieux, de
France, est un atout social et politique, presque un titre de gloire, au moins
virtuellement. Le professeur Mattei a raison : l’immigration venue
d’Afrique est un problème dépassé. Il convient, dorénavant, de subir une
invasion bénéficiant d’un non-dit imposé2, dès lors que la
seule force politique qui aurait pu, au moins provisoirement, maîtriser
l’immigration de peuplement, le Front National, est muselée et contenue à
la manière soviétique, dans le silence médiatique (jusques à
quand… ?).
Malgré
l’oppression des interdits journalistiques et officiels, le peuple
français aura, l’an prochain, le dernier mot. Puisse la vision du Pape
Pie XII, livrée en privé à l’un de ses médecins traitants3, le
dr. Belfever, commencer alors à se réaliser !
«Après une période de dix années de
prospérité et de prestige retrouvé,
…
Là sont nos espérances politiques.
1 CE 140,
10.12.2005, page 5 : Islam : pour beaucoup, les jeux sont faits.
2 Un «Document»
(ainsi nommé) découvert dans la villa de Youssef Nada (lié aux Frères musulmans
et à la famille Ramadan) par la police fédérale lors d’une enquête à
laquelle
L’authenticité de ce «Document» n’est pas
contestable, mais on semble, notamment à la radio, peu disposé à lui donner
quelque crédit…
3 Les Prophéties
du Pape Pie XII de B. de Belvefer, éd. Guy Trédaniel, Paris 1988, page 95.
Toute âme bien née
est évidemment d’accord avec ceux qui dénoncent les tortures subies, dans
de mystérieuses prisons, par de présumés coupables, selon
On serait donc
disposé à applaudir les philippiques de M. Dick Marty si ce tribun médiatisé et
ses amis socialistes avaient manifesté le même zèle en d’autres
circonstances comparables.
Où était Dick Marty
lorsque les maîtres de l’ex-URSS envoyaient les opposants au
Goulag ? Qui a entendu Dick Marty dénoncer les purges de Mao Dzé Dong, de
Kim Il Sung, du bon Père Aristide ou de Pol Pot ?
Dans quelle
publication peut-on lire les articles de Dick Marty dénonçant les régimes de
terreur actuels à Cuba, au Togo ou en Birmanie ?
Pendant ces
soixante dernières années, on a enseigné à tous les petits élèves du «monde
libre» en Europe et aux Etats-Unis, que la guerre menée entre 1939 et 1945 contre
les forces du Mal avait justifié, moralement, l’élimination de
populations civiles aux bombes incendiaires, le largage de bombes atomiques sur
des villes démilitarisées, le massacre des prisonniers de guerre désarmés, la
tonte et le viol des femmes «collabos», la torture des gardiens des camps de
concentration.
Pendant soixante
ans, on a glorifié les égorgeurs de prêtres et les violeurs de bonnes
sœurs pendant
Pourquoi les
Américains se gêneraient-ils d’incarcérer sans preuve, voire de bousculer
quelque peu, des présumés terroristes alors que tous les livres
d’histoire enseignent aux petits Français que les victimes de
L’éditorialiste
de 24
heures est en pâmoison1 : «Dick Marty a un credo : la recherche de la vérité» nous
assure-t-il.
Vraiment ?
Dans les procès
intentés à des historiens «révisionnistes», ceux qu’il suffit de lire une
seule fois, sans parti pris, pour comprendre que les choses ne peuvent pas
s’être produites comme on nous les raconte, qui se soucie de la vérité ? Les accusés ont-ils eu le
droit de faire la démonstration de la vérité ?
A-t-on vu,
lorsqu’on a incarcéré en Suisse un vieillard de quatre-vingts ans pour
délit d’opinion, M. Dick Marty ou n’importe lequel de ces preux
chevaliers se lever pour exiger la vérité ?
Oh, que non !
Il est plus facile (et sans risque) de faire des grimaces à un gorille bien
enfermé dans sa cage au zoo qu’à son voisin de palier. M. Dick Marty et
les journalistes de la presse romande, les pieds dans leurs charentaises, se
déchaînent à moindre risque contre M. George Bush, alors qu’il
n’oseraient pas la moindre critique contre (par exemple) les ministres
socialistes de l’école à Genève ou dans le canton de Vaud, qui nous
mentent insolemment depuis des années !
Ne craignons rien
pour M. Marty : il trouvera les preuves qu’il cherche de
l’existence de prisons, d’enlèvements, de tortures. Les services
secrets israéliens Mossad ont aussi
enlevé, emprisonné et torturé des criminels de guerre, réels ou supposés, sans
que le Conseil de l’Europe ne s’en émeuve.
On félicitera M.
Marty de son courage, de sa ténacité, et la presse helvétique se
donnera le ridicule de mettre un mauvais point au cancre yankee locataire de
Et le
monde continuera de tourner.
1 24 heures du 25 janvier, pages 1 et
5
A l’heure où
nous rédigeons ces lignes, on ignore si le Zisyadis migrateur sera parvenu à
constituer son nid sur les cheminées de Sarnen. Le domicile d’une
personne physique étant le lieu où elle
réside avec l’intention de
s’y établir, on peut
douter que cette double condition soit prochainement réalisée, sachant que
l’oiseau susnommé ne parle pas la langue des autochtones et qu’il
ne partage ni leur religion ni leurs mœurs. Considérant d’autre part
qu’il ne s’est pas trouvé, dans un demi-canton de 30'958 habitants,
un seul citoyen disposé à signer un
recours déjà tout rédigé par le parti socialiste, même parmi les quelques
malheureux qui s’étaient opposés, le 11 décembre dernier, à la
modification de la loi fiscale, on comprend que l’arrivée du volatile
marxiste n’ait pas suscité des délires d’enthousiasme dans
On déplore
néanmoins que cette réticence ait incité l’autorité à exercer des
pressions sur la brave logeuse pour l’inciter à refuser au nouvel
Obwaldien la chambre qui lui avait été promise.
Sur le fond, que
faut-il penser de la nouvelle loi obwaldienne ?
En le disant de cette
façon, on incite l’auditeur à croire que le taux d’imposition des
revenus est, à Obwald, de 2,35 % pour les revenus de 300'000 francs et
qu’il pourrait baisser jusqu’à 1 % pour des revenus supérieurs.
La réalité est
évidemment tout autre : pour un revenu imposable de 300'000 francs par an,
le taux d’imposition cantonal est de 15,5 %. A partir de là, le taux sera
dégressif : de 14,5 % pour la tranche supplémentaire jusqu’à 400'000
francs, il baissera jusqu’à 11,6 % pour la tranche située entre un demi-million
et un million.
On ne fait donc
aucun cadeau aux riches, on les tond moins ras. Les cantons sont
libres, sous réserve de l’octroi d’avantages fiscaux «injustifiés», de fixer comme bon leur
semble les barèmes, les taux et les montants exonérés de l’impôt,
l’harmonisation exigée par l’art. 129 de
Curieusement, la
concurrence qui est louée partout au point qu’une commission fédérale
tatillonne traque les plus petites ententes qui pourraient en perturber les
effets bénéfiques, curieusement dis-je, cette concurrence serait malsaine en
matière fiscale. Les marchands de petits pois sont incités à réduire leurs
coûts pour faire profiter leurs clients des prix les plus avantageux et les
cantons ne pourraient pas maîtriser les leurs, par une gestion habile des
deniers publics, pour faire profiter leurs concitoyens de tarifs plus
avantageux.
La gauche se
comporte comme si les contribuables étaient les prisonniers des Etats ou des
cantons où ils résident, au point que tout changement de résidence ayant pour
but avoué de payer moins d’impôts est qualifié d’évasion fiscale.
Aucun système
fiscal n’est juste dans l’absolu. Ceux qui sont fondés sur
l’imposition progressive du revenu et donc sur la conception d’une
certaine égalité de sacrifice
supposent l’appartenance à une communauté plus ou moins solidaire. Alors
qu’il ne bénéficie d’aucune prestation supplémentaire de
l’Etat, le riche paie beaucoup plus qu’il ne coûte, parce que le
pauvre paie beaucoup moins, ou qu’il ne paie même rien du tout alors
qu’il coûte beaucoup. Cette solidarité est naturelle dans une communauté
homogène. Elle l’est beaucoup moins dans une population atomisée,
ethniquement et culturellement très diverse, individualiste par mode ou par
conviction, infantilisée par goût ou par paresse.
Ce sont
généralement ceux qui ne paient pas d’impôt du tout, et qui
d’ailleurs ne travaillent pas et vivent de l’assistance publique,
qui s’indignent des cadeaux
fiscaux octroyés aux «riches» : celui qui gagne un million par an ne
versera (à Obwald) que 10'700 francs
par mois au canton, probablement autant à sa commune et 9'583 francs à
Que le petit père
Zisyadis prenne garde : lorsqu’il aura réussi à chasser de Suisse
tous ceux qui paient beaucoup d’impôts, il faudra qu’il se mette à travailler !
C.P.