
Sommaire :
L’éditorialiste s’interroge sur les «cadeaux» offerts aux
contribuables le 16 mai prochain : que faut-il penser du fameux «paquet» ?
Oui à la 11e révision de l’AVS, mais NON au relèvement
de
Max se demande si le troisième gouvernement Raffarin n’est
pas une farce de 1er avril. Il se perd dans ses abondants «devoirs
de mémoire» et il revient sur les ADM mythiques de ceux-ci et bien réels de
ceux-là. Enfin, il prédit la prochaine disparition de
Michel de Preux a apprécié le film de Mel Gibson
Sur l’initiative de Franz
Weber, sur les vacances scolaires, sur le Vivarium de Lausanne ou sur l’Irlande
réactionnaire, une avalanches de brèves, ce mois. Ed Fagan est de retour avec l’inénarrable
Christoph Meili ; le police baisse les bras dans sa
lutte contre le cannabis ; les chiens
de combat sont gentils, paraît-il… et le Conseil d’Etat
genevois n’aime pas avoir tort !
Nous craignons les pouvoirs publics, surtout quand ils
nous offrent des «cadeaux». Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander : où
est le piège ? De quelle façon va-t-on nous reprendre ce qu’on nous
a donné et probablement davantage ? Nous ne sommes pas en mesure de répondre à
ces questions en ce qui concerne le «paquet fiscal» sur lequel nous devrons
nous prononcer le 16 mai, mais nous sommes méfiants.
D’abord,
ce fameux «paquet» comporte des« marchandises» diverses – droit de
timbre, nouveau régime d’imposition du logement, allégements fiscaux pour
les couples mariés et les familles –, ce qui oblige le citoyen qui
n’approuverait que l’un des volets du «paquet» à accepter le tout,
ou alors à tout rejeter, quitte à sacrifier ses intérêts et ses convictions. Ce
n’est pas un procédé correct et le résultat du vote ne reflétera en aucun
cas la réalité.
Quoi qu’il en soit, l’auteur de ces lignes
n’étant concerné que par les allégements fiscaux, il bornera ses
commentaires à cet aspect de la question.
Bien entendu, aucun individu sensé ne va refuser une
réduction d’impôts, surtout quand il s’agit de l’impôt
fédéral direct (IFD) qui, du fait de sa progressivité extravagante, grève les
budgets de la classe moyenne de manière souvent insupportable. Il faut être
socialiste ou assimilé pour s’opposer à une mesure aussi sociale.
Il faut dire que les socialistes et leurs alliés ne
connaissent que les pauvres et les riches. Pour eux, il n’y a rien
entre-deux. Aussi brandissent-ils deux arguments imparables : s’il est
accepté, le «paquet» ne profitera qu’aux riches, d’une part ;
d’autre part, les gens qui ne paient pas d’impôts n’en
bénéficieront pas.
Il est assez illogique que des gens pour qui tout
prélèvement doit s’opérer en fonction des revenus, y compris les primes
d’assurance maladie, oublient leur credo dès lors qu’il
s’agit non plus de pomper du fric, mais d’en donner, ou, plus
exactement, d’en pomper moins. On ne voit pas pourquoi ceux qui on payé
beaucoup et parfois même énormément d’impôts ne seraient pas «dédommagés»
en conséquence quand des allégements fiscaux se profilent à l’horizon. Et
pourtant, nous ne sommes pas riche, on ne peut pas nous soupçonner de défendre
des privilèges de caste. C’est pour nous une simple affaire
d’équité.
Quant aux malheureux qui ne paient pas d’impôts
et qui, par conséquent, ne bénéficieront pas des allégements fiscaux en cas
d’acceptation du «paquet», nous les plaignons beaucoup. Aussi avons-nous
cherché et trouvé une solution qui permettrait de remédier à l’injustice
dont ils son victimes : qu’on leur fasse payer des impôts !
Cela dit, ce qui nous dérange le plus dans ce fameux
«paquet fiscal», c’est qu’il pérennise l’impôt fédéral
direct. Qu’ils soient de gauche ou de droite, les commentateurs préconisent
une baisse de l’IFD ou alors s’y opposent. Les cantons
référendaires pleurnichent que, en cas d’acceptation du «paquet», la part
qu’ils toucheront de cet impôt diminuera dans des proportions
inacceptables. Personne ne remet en cause le principe même de l’IFD.
L’impôt de la défense nationale, introduit en
période de crise grave, devait être provisoire. Quand vint le moment de le
supprimer, on le transforma en impôt fédéral direct, provisoire et
reconductible, en attendant l’apparition d’autres ressources comme
Nos concitoyens ont la mémoire courte ou alors la
résignation facile. Il est vrai que les textes légaux prévoient que
La suppression de l’impôt fédéral direct
n’éliminerait pas les inégalités réelles ou supposées dénoncées par le
parti socialiste et ses amis à propos du «paquet fiscal». Elle entraînerait
sans doute une hausse drastique de
Nos lecteurs nous taxeront peut-être
d’irréalisme. Nous sommes prêts à accepter réfutations et critiques.
N’hésitez donc pas à nous tirer les oreilles si vous l’estimez
nécessaire.
Le Pamphlet
Comme il fallait s’y
attendre, M. Denis Barrelet a qualifié de «vilain tour» joué à Pascal Couchepin
et a donc vivement critiqué la
recommandation des délégués radicaux d’accepter la 11e
révision de l’AVS mais de refuser le relèvement de
Ces recommandations ne
manquent pourtant pas de pertinence, et c’est notre ministre des
assurances sociales lui-même qui a fourni à ses contradicteurs les meilleurs
arguments, lorsqu’il a insisté sur le fait que le pour-cent de TVA
supplémentaire ne pourrait être débloqué que par une décision du Parlement,
soumise au référendum facultatif «quand
il y aurait nécessité, sans doute pas avant 2009».
Dans ces conditions, pourquoi se
presser de prendre une décision aujourd’hui ? Donnez à un ménage
privé ou à une corporation de droit public la perspective d’une
augmentation prochaine de ses revenus, et vous les poussez presque
inévitablement sur la voie des dépenses supplémentaires.
M. Couchepin a raison de
souligner la nécessité impérieuse de songer, dès aujourd’hui, à la
manière dont nous allons financer l’AVS et surtout l’AI, compte
tenu de l’évolution démographique. On ne peut, comme la gauche, se
planter la tête dans le sable en exigeant le maintien des «acquis sociaux» par
des recettes aussi aléatoires, par exemple, que le produit de l’impôt sur
les successions et donations.
Mais s’il faut
encourager le citoyen à accepter le programme d’économies contenu dans la
11e révision, il n’est pas indispensable de donner à
Je voterai OUI à la 11e
révision de l’AVS, mais NON au relèvement du taux de
Claude Paschoud
Les Farceurs (acte III, scène
1)
Quiconque observe en France la dégradation du biotope
socio-politico-économique est en droit de se demander s’il
n’assiste pas à l’acte final d’une mauvaise pièce. Nul, dans
la presse nationale, n’a songé à relever que la composition du
gouvernement Raffarin III a été communiquée au pays… le 1er
avril 2004! Equipe ministérielle pléthorique composée de perdants sanctionnés
par les catastrophiques résultats des régionales : vingt-deux des
vingt-quatre régions passées à la gauche! «Poison» d’avril?
Que dire d’autre, en effet, d’un Etat
républicain, réputé souverain, où
– Qu’il s’apparente de plus en plus au
Zimbabwe!
Quand on me parle de mémoire, j’appuie sur la touche
«effacement»
Un ami américain s’étonne de ce qu’avec un
«Mémorial de l’Holocauste» à Washington on lui demande de se souvenir
d’événements dans lesquels son pays ne porte aucune responsabilité
directe. Sans doute a-t-il raison : un «musée du génocide indien»
paraîtrait mieux approprié. Toujours est-il qu’avec les génocides arménien,
albanais, le tout récemment exhumé génocide rwandais – j’en oublie,
et sans doute de pires – et, bientôt peut-être, le martyre du peuple
irakien, un clou chassant l’autre, on finit par ne plus savoir où donner
du «devoir» de mémoire. Les adeptes de l’informatique connaissent bien la
détresse paralysante que provoque l’apparition inopinée du message
«mémoire saturée» sur leur petit écran. Il convient alors d’en libérer,
ce qui peut être obtenu au plus court en deux temps : en sélectionnant d’abord, puis en supprimant en appuyant sur la touche
«effacement». On peut ensuite repartir avec des capacités d’analyse
remises à neuf.
Retour sur «Une guerre trop loin?»
Cette question introduisait et concluait un article de
Max paru il y a un an2. Où en sont les «Forces du Bien»
aujourd’hui ? Avec la révélation des mensonges fauteurs de guerre de
Washington et de Londres ; le délitement de
Sauvons les «gnous»
Pour se conforter dans leur position, ceux de nos
compatriotes de bon sens qui répugnent encore à se jeter dans les bras des
sirènes de l’Union Européenne devraient considérer ces quelques effets
pervers – soigneusement occultés – d’une adhésion en
l’état actuel de l’«entité» : la voix d’une Suisse de 7
millions de citoyens ne représenterait que 1,5% des voix d’une UE estimée
à 460 millions de citoyens3. Le peuple suisse verra le pouvoir
décisionnel qui lui reste s’éroder, en particulier en matière fiscale, et
ses représentants s’éloigner d’un degré supplémentaire (après les
niveaux communal, cantonal et fédéral, le niveau européen). Quelle manne, en
revanche, pour des fonctionnaires helvétiques toujours plus nombreux, amenés à
siéger, en sus de l’ONU, au Parlement européen de Bruxelles et dans la
nébuleuse des commissions et sous-commissions qui lui sont attachées !
Inévitable disparition du franc au profit de l’euro… avec pour
résultat le saut inflationniste de 30% en moyenne qu’ont subi les pays
victimes de cette péripétie. Abandon de nos spécificités bancaires et repli des
capitaux étrangers vers des pays plus accueillants. En six mots : disparition de
Max l’Impertinent
2 Le Pamphlet, avril 2003, no 324, p.2.
3 Estimations, faute de données démographiques unifiées.
A la vue de ce qui
venait d’arriver, le centurion glorifiait Dieu en
disant : « Sûrement, cet homme était un juste. »
Luc, XXIII, 47
La presse,
unanime autant qu’opportuniste, a successivement adopté deux opinions sur
le film de Mel Gibson La
passion du Christ : il était antisémite – crime majeur
mais délibérément maintenu dans la confusion théologique – puis, voyant
que ce grief portait moins que prévu ou pouvait avoir des effets contraires sur
le grand public, qu’il était ennuyeux, cultivait des sensations morbides,
que sais-je encore ? Les plus modérés dans la malveillance n’y
virent aucun contenu spirituel… Après une première vision, mon constat
personnel est que l’évocation du Sacrifice du Christ, dans une
interprétation et une représentation des faits aussi fidèles que possible aux
textes évangéliques, inquiète encore, peut-être même plus que jamais… Les
polémiques de presse ne sont que l’expression de cette peur. Leurs
arguments, qu’ils soient pitoyables ou de mauvaise foi avérée, sont
autant de prétextes pour dissuader le public d’aller voir ce film, ou en
diminuer l’impact sur les esprits, exercer enfin un véritable chantage
intellectuel sur quiconque en dirait publiquement du bien.
Ces polémiques sont
œuvre de propagande précisément parce que ce film se refuse à faire de la
propagande au sens moderne et commercial du terme, mais entend au contraire
utiliser l’art cinématographique pour diffuser un message spirituel et
moral. Entreprise hautement réussie.
On l’a dit
violent avec complaisance. Le réalisme, dès lors qu’il est fidèle à
l’histoire, n’est pas de la complaisance. Ce glissement
terminologique n’a rien d’innocent. Toutes les séquences de grande
douceur (et elles sont en nombre tout au long de ce film) sont passées
systématiquement sous silence par la presse. Comme c’est bizarre !
Le Christ de Mel Gibson m’apparaît même excessivement doux : nul
rappel n’y est fait de ses imprécations contre les scribes et les
pharisiens, qui, pourtant, expliqueraient mieux leur haine à son endroit.
Je ne vais pas
m’étendre ici sur les réelles beautés de ce film, qui a des défauts,
mineurs. Le problème qu’il pose à notre société ne vient pas de lui mais
uniquement, exclusivement, de sa fidélité au dogme chrétien et à
l’esprit, à l’esprit de la spiritualité chrétienne. Notre monde ne
supporte plus un pareil rappel, sans concession. « Nostre aetate »
est balayé. Les responsabilités sont trop
claires. Trop. C’est intolérable. Alors la presse aux ordres se
déchaîne, tel un nouveau Sanhédrin, et quand elle fait des concessions,
c’est à la manière de Ponce Pilate ! Bref : nous voyons que la
presse n’est pas libre et que Monsieur Mel Gibson l’est avec insolence.
Dans une société d’esclaves, les hommes libres font scandale. Il faut les
faire taire, les ridiculiser. Qui ne compose pas, aujourd’hui, sur
l’essentiel, est un homme mort. Qui ne trafique pas avec les
choses saintes est disqualifié sur le plan moral et religieux par les nouveaux
prêtres, les nouveaux scribes et les nouveaux pharisiens.
En somme,
C’est un
excellent début !
Michel de Preux
Indulgence
A
ce jour, aucun lecteur ne nous a fait remarquer, poliment, ironiquement ou
sévèrement, que l’équivalent populaire des calendes grecques n’est
pas la cinglinglin comme nous l’écrivions le mois dernier dans notre
bricole sur la prudence du parti socialiste, mais bien la saint-glinglin.
Merci
de cette indulgence totalement imméritée.
Monsieur
Franz Weber qui ne saurait rester longtemps sans sauver quelque chose, fût-ce
contre le gré des sauvés en puissance, nous propose d’accepter le 16 mai
son initiative visant à transformer en «parc cantonal» sept petites communes du
pied du Jura.
Que
les craintes écologiques de M. Weber soient justifiées ou non, notre sauveur
impénitent et ses disciples se mêlent de ce qui ne les regarde pas : les
choix relatifs aux communes concernées doivent rester aux mains de leurs
habitants et d’eux seuls.
Que
dirait Franz Weber si des adeptes de la souveraineté communale lançaient une
initiative visant à inscrire dans la constitution vaudoise
l’interdiction, pour lui et ses semblables, de sauver quoi que ce soit à
l’avenir ?
Euroturquie
Qu’on
se le dise ! Le prochain grand prix Eurovision aura lieu le 15 mai…
à Istanbul ! Qui osera prétendre après ça que
L’immobilisme
de l’administration vaudoise a encore frappé, si l’on ose
dire ! Alors qu’il s’est écoulé cinq semaines entre les
vacances de février et les vacances de printemps, ce sont onze semaines que
doivent «tirer» écoliers et enseignants jusqu’aux vacances d’été,
sous réserve des week-ends prolongés de l’Ascension et de Pentecôte. A
noter que cette situation est aggravée par le retour de l’heure
d’été qui, comme chacun le sait depuis la calamiteuse introduction
d’icelle au mépris de la volonté populaire clairement exprimée, est
source de fatigue supplémentaire pour les enfants et les maîtres.
Pourquoi
n’a-t-on pas réparti les périodes séparant les vacances de février des
vacances de printemps et ces dernières des vacances d’été sur deux fois
huit semaines ? Sans doute parce que les féries pascales n’auraient
pas été incluses dans les vacances dites de Pâques, ce qui aurait eu pour
conséquences, ô combien dramatiques, la violation d’une tradition et deux
jours de congé supplémentaires pour nos chers petits et ceux qui leur font
découvrir des vérités premières. Ce qu’à Dieu ne plaise ! Et tant
pis si la qualité de l’école n’y trouve pas son compte.
Appréciations
Il
est revenu à nos oreilles indignées que certains enseignants, trouvant peu
satisfaisant le système d’évaluation des prestations des élèves en
vigueur – «non atteint», «à moitié atteint», «atteint», «à moitié
largement atteint» et «largement atteint» –, profitent de ce que les
appréciations se trouvent sur une seule ligne, sous forme de petits cercles à
cocher, dans l’information périodique aux parents – le carnet scolaire
d’autrefois, dont, nous dirait sans doute Philippe de Vargas, l’absurdité a été largement démontrée
– pour «affiner» l’évaluation grâce à des flèches indiquant, par
exemple, que le «à moitié atteint» officiel est en fait un «presque atteint».
Nous
ne serions pas surpris que ces odieux tricheurs soient favorables à la
réintroduction des notes, y compris dans les petites classes. Démission !
Le
vivarium de Lausanne annonçait voici peu, à grand renfort d’affichettes
et sur une pleine page de 24 Heures, une exposition de reptiles
suisses spéciale, censée débuter le 8 avril. On allait voir ce qu’on
allait voir, puisque, le but de l’exposition étant de mieux protéger nos
reptiles grâce à une meilleure connaissance de ces derniers, le vivarium
s’apprêtait à tordre le cou à un certain nombre de mythes solidement
ancrés dans l’inconscient collectif. Comme nous éprouvons un goût pervers
pour la réfutation des mythes de quelque nature qu’ils soient, nous nous
sommes rendus à Sauvabelin le dimanche 11 avril, afin de profiter de
l’aubaine.
Las !
Si nous avons bien trouvé quelques vipères et lézards suisses à l’étage
de l’exposition, il nous a fallu renoncer au révisionnisme
reptilien : pas trace de panneau anti-mythe. Plus exactement, il y en
avait bien un, un seul, qui expliquait que les vipères noires ne sont pas plus
venimeuses que les autres, mais à l’étage au-dessus, à un endroit qui
n’avait rien à voir avec les reptiles suisses. Interpellé, pas très
poliment hélas, par notre famille déçue, un
employé
du vivarium a fini par dénicher, dans un coin ou dans un tiroir de la
réception, un deuxième panneau annonçant que les vipères ne traient pas les
vaches, nouvelle fort réjouissante mais qui revêtait apparemment un caractère
confidentiel. Il nous a semblé qu’il ressortait des justifications
quelque peu embarrassées du monsieur, que ces panneaux n’étaient guère
nécessaires, puisque la presse avait parlé des mythes attaqués et que, en
outre, certains des reptiles qui auraient dû figurer dans l’exposition
n’étaient pas encore réveillés, ce qui expliquait le caractère
provisoirement maigrichon de cette dernière.
Nous
avons quitté le vivarium, partagés entre le rire et la colère, en nous
demandant pourquoi l’employé ne nous avait pas dit tout simplement que
l’exposition annoncée n’était pas encore prête.
Astuce
Il
paraît que ce n’est pas un poisson d’avril : au début du mois,
un automobiliste a été surpris par la police en flagrant délit d’abus de
parcage. Voilà qui est certes banal. Ce qui l’est moins, c’est que
l’astucieux personnage se servait d’un mécanisme de son invention,
capable de faire avancer automatiquement la flèche de son disque de
stationnement. A l’heure qu’il est, le coupable a probablement été
dénoncé au juge d’instruction – les dignes représentants de
l’ordre auraient pu, nous semble-t-il, se contenter d’une amende
d’ordre, mais le règlement, c’est le règlement.
Espérons
que le juge, faisant preuve de sens de l’humour, se montrera indulgent.
Après tout, à défaut d’être honnête, le coupable est un inventeur de
génie.
Le
11 juin, les Irlandais en âge de voter devront se prononcer par référendum sur
une disposition introduisant dans
A
l’heure où le droit du sol prime de plus en plus le droit du sang dans
nos sociétés avides de métissage et de multiculturalisme, cette mesure paraît
fâcheusement entachée de frilosité, de repli sur soi, voire de xénophobie.
Qu’on
se rassure toutefois : le ministre de la justice irlandais Michael
McDowell a annoncé que cette disposition constitutionnelle sera complétée par
une loi, qui en atténuera la portée.
Comme
ça, tout le monde sera mécontent : les Irlandais «nationalistes» et les
exclus du droit du sol.
Nouveau non-conformisme
La
controverse qui a sévi autour de
C’est
ainsi qu’on pouvait lire, dans 24 Heures des 8-9 avril,
dans un commentaire «philosémitiquement» vengeur de Jean-Louis Kuffer,
cette phrase iconoclaste et sidérante : Le procès devant le Sanhédrin
(qui n’eut probablement jamais lieu) est un simulacre hideux.»
De
son côté, l’hebdomadaire français Les 4 vérités Hebdo1
publie dans sa livraison du 10 avril 2004 un article, d’ailleurs très savant
et très documenté, signé Jean-Pierre Pagès-Schweitzer, qui met en cause
l’historicité de Jésus de Nazareth.
Ce
n’est évidemment pas nous qui allons nous offusquer de cette révision et
de cette négation.
Nous
serions néanmoins curieux de savoir à quelles peines de prison et/ou
d’amende seront condamnés ces auteurs dont les propos pourraient être
considérés par tous les chrétiens purs et durs comme relevant de
l’anti-christianisme le plus primaire, donc comme une incitation à la
haine d’un groupe humain en raison de sa religion.
Les
paris sont ouverts !
L’avocat
américain Ed Fagan, bien connu de nos lecteurs pour ses onéreuses interventions
en faveur des victimes de
Mais
le cher et preux chevalier a besoin d’étayer ses arguments. Et alors,
coucou, qui revoilà ? l’inénarrable Christoph Meili qui avait
défrayé la chronique en janvier 1997 : agent d’une société de
surveillance privée employée par l’UBS, ce zélé serviteur avait volé à la
banque des documents destinés à la destruction, au motif qu’il avait eu
l’impression qu’il s’agissait de documents importants
pouvant revêtir un intérêt public. Aujourd’hui, on nous dit que Meili
avait découvert des rapports destinés au broyeur, en lien
direct avec le groupe IG Farben et
Interhandel, filiale du précédent, ce qui n’est pas du tout la même
chose. On peut donc comprendre, à la rigueur, que, faute de mieux, M. Fagan
produise à l’appui de ses exigences ce pitoyable «héros» qui vit
désormais en Amérique.
Ce
que nous ne comprenons pas, c’est que, fort du témoignage de Christoph
Meili, l’avocat somme l’UBS de lui dire ce que sont devenus les
rapports en question. Ed Fagan ne lit-il pas les journaux ? Christoph
Meili serait-il amnésique ? On savait pourtant dès le 15 janvier 1997,
grâce à la presse, que le voleur avait remis son butin directement à la
communauté israélite de Zurich qui, contrairement à son patron obtus,
l’avait chaudement félicité de son initiative.
Espérons
que l’UBS restera ferme dans son refus de passer encore une fois à la
caisse.
Il
paraît (communiqué ats du 19 avril ) que les policiers
suisses sont favorables à la dépénalisation du cannabis, car, disent-ils, les
gens croient que la consommation en est déjà autorisée, alors que ce
n’est pas le cas, cela en raison des atermoiements politiques.
Apparemment,
les policiers suisses ne fréquentent que des gens qui n’ont pas accès aux
médias ou sont de mauvaise foi.
Il
est vrai qu’un fumeur de cannabis pris en flagrant délit de «fumette» a
tout avantage à prétendre qu’il ne connaît pas la loi, surtout si les
représentants de cette dernière font preuve de compréhension face à une
ignorance qu’ils jugent involontaire.
C’est
ce qui explique sans doute que les amateurs de cannabis fument leur herbe en
toute impunité dans les trains, comme nous avons pu le constater récemment:
solidarité oblige, un militaire a fort obligeamment cédé à un jeune étranger
imprévoyant la feuille de papier à cigarettes dont il avait besoin pour
confectionner son joint. En plus, ils sont prévenants, ces jeunes gens :
ils n’hésitent pas à ouvrir la fenêtre par grand froid, afin
d’épargner aux fumeurs «normaux» du compartiment l’odeur douceâtre
de la drogue.
En
fait, si les policiers suisses – plus probablement ceux qui
s’expriment en leur nom – réclament la dépénalisation du cannabis,
c’est parce que leur tâche s’en trouverait facilitée. On pourrait
aussi, dans cette optique, dépénaliser le vol, le brigandage,
l’escroquerie et tous les autres délits qui donnent du travail à la
police. A terme, on n’aurait plus besoin de police du tout, si ce
n’est, chose indispensable, pour empoisonner la vie des
automobilistes !
«Sous le choc»
Une intervention a priori banale
de la police dans un immeuble du quartier lausannois de
Rien de vrai dans cette
débauche d’épithètes : pas de choc,
pas de consternation ni de désarroi. Juste un peu
d’étonnement, car le forcené sri-lankais était tenu pour un homme calme
et sans histoire. (14 avril)
Il est probablement exact que
les molosses ne sont pas des chiens plus dangereux que ceux d’autres
races. J’observe cependant que, comme par hasard, ce sont précisément des
pittbulls et autres mastiffs que les voyous choisissent de dresser au combat et
non des teckels ou des caniches. Il est donc légitime de se méfier, a priori,
d’un propriétaire de molosse qui proteste de ses intentions pacifiques et
qui jure qu’aucune race de chien n’est dangereuse en soi et que
seule la mauvaise éducation est responsable des accidents.
Chiffres
Un homme soupçonné de meurtre
à tort, qui avait subi une incarcération de soixante-quatre jours, a reçu une indemnité
de Fr. 75'000.- . Le bénéficiaire a jugé cette réparation «largement insuffisante», car il avait perdu, du fait de son
incarcération, un gros mandat et sa perte se chiffrait donc selon lui à «plus de 80'000 francs», nous apprend 24
heures du 7 avril, page 7.
Le même quotidien, le 19 avril
p. 40, glisse sous la plume de Mme Janine Panchaud, députée, que «plus de 500'000 personnes résidant sur sol
vaudois ne paient aucun impôt à l’Etat».
Le cancre et le fort en thème (bis)
Dans le dernier numéro du Pamphlet,
nous rappelions que M. Broulis, ministre des finances vaudois, avait prévu en
décembre 2002 un déficit de 157 millions alors que le député Michel Golay le
situait à 380 millions. Nous pensions que le résultat exact serait tenu secret
pour ne pas nuire à la crédibilité du gouvernement vaudois avant la votation du
16 mai. M. Golay avait (presque) tout juste : le déficit est de 385
millions. Ne pourrait-on suggérer à M. Broulis de laisser la place à M. Golay à
la tête des finances cantonales ?
Chiffres rouges
En
attendant, nul doute que notre argentier a lu avec délices l’information
publiée par 24 Heures du 21 avril concernant la situation
financière du canton de Zurich. On apprend en effet que ce dernier a enregistré
en 2003 un déficit record de 619 millions, alors que le budget prévoyait un
trou de 480 millions «seulement».
M.
Broulis se sentira moins seul, désormais.
Bien des gens qui se disent
attachés à la liberté d’expression ne tolèrent cependant que
l’expression de leurs propres idées, et se déclarent indignés qu’on
puisse émettre impunément d’autres opinions.
M. Hani Ramadan, qui avait
exprimé publiquement des opinions paradoxales – notamment sur la
lapidation des femmes adultères – avait été licencié pour cela de son
poste de professeur de français à Genève, licenciement que nous avons critiqué
ici même.
Le Tribunal administratif
vient d’accueillir son recours et a ordonné sa réintégration. Mais le
Conseil d’Etat, mauvais perdant, entend ne pas respecter l’arrêt du
TA au motif d’une nouvelle enquête contre M. Ramadan.
Autre champion de la liberté
d’expression : M. Dominique de Villepin, nouveau ministre de
l’intérieur français, qui vient de décider l’expulsion immédiate de
l’imam de Vénissieux. Des poursuites pénales pourraient être engagées
pour «atteinte à l’ordre public et
à
Il y a sans doute des milliers
d’imams en France, et en Suisse, qui enseignent la même chose à des
centaines de milliers de jeunes musulmans, mais qui ne donnent pas
d’interviews, ni au Monde ni à Lyon Mag. Il y a eu,
aussi, des milliers de prêtres qui ont justifié le martyre des hérétiques ou le
massacre des protestants.
«Ces
déclarations ne sont pas la simple expression d’idées. Ce sont des
délits» a affirmé M. Gerin, maire de Vénissieux. C’est le discours
habituel de tous ceux qui ne tolèrent la liberté d’expression qu’à
la condition qu’on exprime des opinions conformes aux leurs.
Dans certains cas, il ne
s’agit plus de l’expression d’une opinion, mais d’actes
positifs : on connaît le cas du premier ministre d’un Etat du
Proche-Orient qui se vante d’avoir fait assassiner récemment deux chefs
d’une organisation présumée «terroriste».
Ni le Conseil d’Etat de
Genève ni le maire de Vénissieux n’ont souhaité commenter
l’événement.
1 85, bd St Michel, F-75005 Paris