
Sommaire :
Comment faire du fric avec un
drame humain ? se demande l’éditorialiste. C’est facile si l’on est un
journaliste aussi dénué de talent que d’éthique.
Il y a (à Femina) des
journalistes sains… et Micheline devrait s’en aller.
Max fait l’aumône à Lausanne, achète
des allumettes à Genève et va au cinéma à Paris.
Polémique et
liberté d’expression
L’avocat genevois Dominique Poncet
plaide imprudemment pour la liberté d’expression
Michel de preux est pessimiste quant
aux chances de survie de l’agriculture suisse.
Un mois d’actualité
Après l’annonce de
l’UDC, le chœur des vierges !
La presse bien-pensante a été indigné
par l’annonce publiée par l’UDC !
Campagne
publicitaire raciste… financée par les antiracistes !
Des annonces racistes publiées par la
Fondation contre le racisme : un comble !
L’imprimerie Beck a 25 ans
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Editorial
Que Brigitte Bardot fasse
connaître dans Un cri dans le silence1 ses états d’âme et des convictions
hautement sulfureuses, cela n’a rien que de très normal. Tout au plus peut-on
se demander si, signé Franz Weber, son livre aurait remporté le même succès ou
seulement trouvé un éditeur. Qu’Elisabeth Badinter reconnaisse dans Fausse
route2 les effets pervers du féminisme militant, c’est carrément réjouissant.
Tout au plus peut-on se demander si, signé Yvette Jaggi, son livre aurait
remporté le même succès ou seulement trouvé un éditeur. Mais enfin, les
éditeurs ne sont pas des philanthropes, il est normal qu’ils misent sur des
valeurs sûres, tout le monde y trouve son compte et cela ne fait de mal à
personne.
Il existe en revanche
une sorte de littérature qui nous fait hurler de dégoût parce qu’elle exploite,
avec la complicité évidemment intéressée d’éditeurs peu scrupuleux et de
journalistes aussi dénués de talent que d’éthique, les malheurs d’un individu.
Vous avez tous entendu
parler, il ne peut en être autrement, du jeune Vincent Humbert, 22 ans, devenu,
à la suite d’un accident, tétraplégique, aveugle et muet. Sa mère a tenté, à sa
demande, paraît-il, de l’envoyer ad patres et les médecins chargés de sa
réanimation l’ont laissé mourir, compte tenu de son état. L’événement a fort
curieusement coïncidé avec la sortie en librairie d’un livre intitulé Je vous
demande le droit de mourir, publié sous le nom du jeune infirme et annoncé à
grand bruit dans les médias par l’éditeur Michel Lafon. Toute la presse a
retenti des malheurs du pauvre garçon, de l’héroïsme de sa mère et de l’espoir
que la loi française, qui interdit l’euthanasie, ne s’appliquerait pas à cette
nouvelle mater dolorosa. Personne, en revanche, ne semble s’être avisé que,
complètement paralysé - sous réserve d’un pouce qui lui permettait de
répondre par oui ou par non -, aveugle et muet, Vincent Humbert n’a
matériellement pas pu écrire lui-même le livre qu’on lui attribue, quand bien
même son cerveau était intact. Muet, il n’a pas pu dicter ce livre.
Aveugle, il n’a pas pu le relire. La seule solution aurait été que sa mère ou
quelque autre âme dévouée lui récite indéfiniment l’alphabet pour qu’il puisse
composer chaque mot, lettre par lettre, en bougeant le pouce au bon moment.
Est-ce bien vraisemblable ? N’est-il pas plus probable que ce livre a été
rédigé, peut-être avec l’accord de l’intéressé, par une tierce personne dans le
cadre d’une opération politique destinée à relancer en France le débat sur
l’euthanasie ? Nous en sommes réduits aux hypothèses, mais en tout cas, le
battage fait autour de cette affaire est indécent. L’éditeur s’en mettra plein
les poches, alors qu’il se moque sans doute complètement du sort de Vincent
Humbert. Quant à la courageuse mère, elle pourra utiliser l’argent que lui
rapportera à n’en point douter l’opération pour la création d’une association
destinée à promouvoir la légalisation de l’euthanasie active. C’est très à la
mode ça : quand on a des malheurs, au lieu de pleurer dans son coin, on écrit
des livres et on crée des associations.
La réalisatrice
française Nadine Trintignant, mère de Marie Trintignant dont nul ne peut
ignorer non plus, l’a fort bien compris, qui vient de publier chez Fayard un
livre intitulé Ma fille Marie, dont le but est de dire «la vérité de mère d’une
victime», vérité tirée à cent quarante mille exemplaires, ce qui rapportera un
joli magot à Fayard et de fort intéressantes miettes à l’auteur. Même si
Nadine Trintignant s’empresse de créer une association de secours aux femmes
battues, l’argent généré par cette opération aura une drôle d’odeur.
Et puis, il y a une
autre chose qui nous indigne : à aucun moment les metteurs en scène et acteurs
de ce double spectacle ignoble n’ont vu qu’ils insultaient toutes les mères
d’enfants lourdement handicapés qui se dévouent pour donner à leur fils ou à
leur fille un minimum de bonheur au lieu de les tuer, toutes les femmes battues
voire assassinées par des conjoints brutaux dans l’indifférence générale et
dont les mères souffrent tout autant et avec plus de dignité que Nadine
Trintignant.
Mais ces mères
courageuses, ces femmes maltraitées et tuées ne sont ni emblématiques ni
célèbres et ne présentent donc aucun intérêt financier, médiatique ou
politique. Qu’elles restent dans l’ombre dont, grâce au ciel, elles ne demandent
d’ailleurs pas à sortir.
Vous avez la nausée ?
Nous aussi !
Le Pamphlet
1 Editions du Rocher, 2003
2 Odile Jacob, avril 2003
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Bricoles
La force du destin:
Dans Femina du 21 septembre,
l’éditorialiste Marie-Pierre Dupont s’indigne à juste titre de l’attitude de
Bertrand Cantat, dont les coups ont entraîné la mort de Marie Trintignant, et
qui non seulement se pose en victime du destin, mais fait état de
l’extraordinaire amour qui l’unissait à sa victime. Madame Dupont, saisie d’une
réjouissante fureur écrit ceci
:
«(…) En effet, que
n’a-t-on pas lu, entendu sur ce meurtre d’une effroyable banalité – au regard
des statistiques sur la violence conjugale ? D’aucuns l’ont élevé au rang de
tragédie antique ou shakespearienne, d’autres l’ont expliqué par quelque rock
attitude, presque tous lui ont collé le label "drame de la passion".
Foutaises. Bertrand Cantat a cogné sur Marie Trintignant jusqu’à lui éclater la
tête et l’a laissée froidement crever à ses côtés.(…)
Dieu soit loué : il y a
encore des journalistes sains.
Histoire et politique
Micheline Calmy-Rey,
notre bien-aimé chef du Département des affaires étrangères a dû renoncer début
octobre à un voyage en Turquie au motif que le grand Conseil vaudois venait de
«reconnaître» le génocide arménien, ce dont s’est offusqué le gouvernement
turc. Madame Calmy-Rey a donc dû passer plus de temps que prévu dans son
bureau, ce qui est certainement tout bénéfice pour la Suisse.
Cela dit, on fera
remarquer que, en bon français, reconnaître un crime ne peut être que le fait
de l’auteur dudit crime. Or, nous voulons croire que nos braves députés son
innocents du massacre de 19l5, et cela d’autant plus qu’ils n’étaient pas nés.
Par ailleurs, les parlements n’ont pas plus que les juges à se prononcer sur
des faits qui relèvent de la science historique.
N’ont-ils donc rien de
mieux à faire ?
La dernière de
Micheline
S’il est vrai que le
chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions, Micheline Calmy-Rey nous
paraît bien partie pour les flammes éternelles. Ne se mêle-t-elle pas, avec
l’accord de ses collègues du Conseil fédéral, de soutenir un «pacte pour la
paix» élaboré par diverses personnalités israéliennes et palestiniennes et qui
devrait être signé à Genève le 4 novembre, à la grande fureur d’Ariel Sharon ?
Si encore ce fameux
pacte avait une chance de résoudre le conflit israélo-palestinien, on pourrait
comprendre que la Suisse prenne le risque de se mettre à dos une nouvelle fois
le monde judéo-israélien, car la paix n’a pas de prix. Mais cette chance
n’existe pas, puisque, en vérité, ni l’une ni l’autre des parties en présence
ne veut accepter de compromis.
Alors, pourquoi Madame
Calmy-Rey et les autres conseillers fédéraux ne se décideraient-ils pas à
s’occuper de leurs affaires ? Sont-ils avides de publicité internationale au
point de prendre le risque de nuire à la Suisse ? Démission !
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En direct de Sirius
Scènes de rues
.
Lausanne, Place
Saint-François : Max observe, aux portes d’un grand magasin ce qu’il est
désormais impératif d’appeler un « marginal » et l’entend réclamer aux passants
une obole de dix francs. Au sommet de la rue de la Paix, Max retrouve notre
quidam réclamant aux clients d’une boutique de luxe un tribut de vingt francs…
Un homme doté, en quelque sorte, d’un sens aigu de la relativité .
A quelque temps de là,
dans une rue de Genève, Max achète une pochette d’allumettes à une jeune fille.
Max : «
C’est pour les handicapés… »
Iris : – …Et puis ça
va à celui qui court le plus vite ! »1
Le faux moribond et
le vrai mourant
« Père et fils » de
Michel Boujenah et « Les invasions barbares » de Denys Arcand sont deux films
qui respirent la tendresse, sur le thème général d’une dernière mise en ordre
avant le grand départ. Là où le premier réalisateur a choisi de se limiter à
des échanges très drôles entre un père simulateur et roublard et ses trois
fils, le second dépeint avec minutie les ultimes angoisses d’un professeur
d’université affranchi dévoré par le Crabe dans une société à bout de souffle
et dominée par l’absurde, entrée elle-même en agonie. Le vieux père juif
repartira pour un tour avec des enfants réconciliés et l’universitaire
s’offrira une mort à la romaine comme dernier pied de nez au destin.
Curieusement, les deux films ont été principalement tournés au Canada.
Cependant, si le premier a couvert un plus long kilométrage pour nous dévoiler
de fort belles images, le second, à part quelques « passages obligés »
politiquement corrects que le spectateur identifiera aisément, va plus loin…
Ainsi, au terme d’une longue tirade sur l’inanité des systèmes en « -iste », ce
superbe résumé de l’état actuel de notre planète : « L’intelligence s’est
absentée [très long soupir] il arrive qu’elle s’absente longtemps ».
Retour de manivelle
Comme il est triste de
découvrir la France « laïque et républicaine » de la bien défaillante Vème
empêtrée dans d’inextricables problèmes de foulards islamiques ! Passer en moins
de trois siècles du rang de royaume de droit divin à celui de démocratie
multiethnique, multiculturelle et pluriconfessionnelle en voie accélérée
d’acculturation, c’est un fameux succès ! Les cocus de la Gueuse se consoleront
en apprenant que les premiers inquiets de cette formidable progression d’une
religion absente sous la royauté catholique sont issus d’une minorité «
éclairée » (!) qui, par son prosélytisme forcené n’eut de cesse d’affaiblir la
Fille aînée de l’Eglise pour la parer des fripes de la Marianne laïque. Pauvre
Marianne à peine sortie des langes de l’Ancien régime, si svelte et se voulant
si fière, qui arrosait d’un sang impur les sillons de son pays magnifique, de
quelques autres aussi, pour mieux promouvoir à l’extérieur les bienfaits de la
république et qui, orientalisée de l’intérieur, affalée sur les ruines de ses
institutions prend désormais des allures de molle concubine engraissée au
loukoum, déjà soumise au voile, en attente de burkha…
Pourtant, la solution
existe. Elle crève même les yeux… Pour l’avoir suggérée, dans un pays voisin,
un vieux monsieur courageux et lucide a pris deux fois de la prison ferme…
Euphémisme de secours
Ouï, dans le cadre d’une
émission sur des handicapés, quelque part sur une station radio romande, d’une
présentatrice quelque peu empêtrée dans le « parler correct » : « … Pour nous –
comment dirais-je ? – heuh… nous les personnes norm… heuh… j’veux dire : les
personnes “à mobilité favorisée”… »
Max l’Impertinent
1 Comme dit le Professeur à propos d’Iris : « Elle est concise, elle parle
dru. Elle dit le vert et le sec… et ça fuse !
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Polémique et liberté d’expression
Quelque chose serait-il
en train de changer sous les cieux de la plus très libre Helvétie ?
24 Heures du 3 septembre1 nous
apprenait que Frank Lübke, directeur du Centre David contre l’antisémitisme et
la diffamation de Zurich, avait été inculpé la veille pour avoir écrit en
novembre 2002 une Lettre ouverte au Conseil fédéral, au Parlement et aux
Suisses, lettre contresignée par cent trente personnalités juives et
chrétiennes, dans laquelle il s’en prend vertement aux Palestiniens et à
l’islam. Un nommé Daniel Vischer, député zuricois et candidat, cet automne, au
Conseil des Etats, sans doute désireux de se faire un peu de publicité
électorale, a porté plainte pour discrimination raciale, ce qui a abouti à
l’inculpation de Monsieur Lübke. Mon quotidien favori fait remarquer que
l’application de la norme antiraciste à un juif est un cas très rare – le
deuxième, en fait, sur deux cent septante procédures, depuis l’entrée en
vigueur de l’article 261bis du code pénal, fleuron de notre démocratie
séculaire -, ce qui n’est pas pour m’étonner, mais passons.
Bien entendu, je juge
cette plainte et cette inculpation ridicules et contraires à la liberté
d’expression. Il est normal qu’un juif vitupère ceux qu’il tient pour les
ennemis de son peuple, comme il est normal que les Arabes critiquent sévèrement
les agissements d’Israël considéré par eux comme l’ennemi des Palestiniens et,
par ricochet, du monde arabo-musulman en général. Que cela ait ou non à voir
avec le racisme, il s’agit avant tout d’une guerre dans laquelle chacun choisit
son camp et le dit sans prendre de gants. Je ne vois pas que cela mérite
sanction. Mais Daniel Vischer sait comme nous tous que la majorité des Suisses
et singulièrement des Zuricois, autrefois favorables à Israël, sont désormais
du côté des Palestiniens et compte sans doute que son coup d’éclat lui vaudra
de nombreuses voix aux élections fédérales. On saura le 19 octobre si le calcul
était bon. En tout état de cause, le procédé est indigne, mais on sait que
certains candidats sont prêts à toutes les bassesses pour se faire élire et que
certains électeurs n’y voient que du feu. Quoi qu’il en soit, j’espère que
Frank Lübke tombera sur un juge qui ne se laisse pas impressionner par l’air du
temps et qu’il sera acquitté. J’espère aussi que, ayant appris à ses dépens le
caractère pervers de l’article 261bis du code pénal, il aura à cœur, avec ses
cent trente amis et de nombreux coreligionnaires, d’entrer en guerre contre la
norme antiraciste pour obtenir, à terme, son abrogation.
Est-ce aussi le
revirement qui s’est produit dans la population à propos du conflit israélo-palestinien
qui incite Michel Jörmann, dans Genève Home Information des 10-11 septembre, à
réclamer, au nom de la liberté de la presse, le droit pour les journalistes de
polémiquer, notamment «Parce que la polémique suscite la discussion, le
débat d’idées. Parce que c’est un gymnastique extrêmement profitable à
l’intellect. Du moins pour ceux (rares) qui veulent encore faire travailler
leurs méninges…» ? Michel Jörmann fait remarquer avec pertinence que le
principal ennemi de la polémique est le «politiquement correct», «l’une des
déviances les plus perverses de notre société actuelle.» Je suis bien
d’accord. Je suis d’accord aussi quand il déplore la disparition des
polémistes. Mais il faut bien reconnaître que la polémique devient un art
difficile quand l’iconoclaste doit veiller à ce qu’aucun de ses propos ne tombe
sous le coup de la loi, en particulier de l’art. 261bis du code pénal qui est
désormais, semble-t-il, mis à toutes les sauces, ce que n’avaient pas prévu, je
pense, ses instigateurs. Michel Jörmann s’est-il montré aussi sage à l’époque
où les révisionnistes étaient considérés comme les principaux ennemis du
judaïsme et du sionisme ? Je ne sais, mais je veux le croire et encourage
vivement cet esprit indépendant à prendre contact avec Monsieur Lübke pour
organiser la résistance.
Ces messieurs pourront
compter en cette occurrence sur le concours de l’avocat genevois Dominique
Poncet qui, dans le même GHI et sur la même page, tient ces propos stupéfiants
:
«Si la polémique est
en recul, c’est aussi parce que la liberté de la presse régresse. On nous
oppose le révisionnisme, le racisme. Vous n’avez pas le droit de dire ceci
parce que c’est révisionniste. Vous n’avez pas le droit d’écrire cela parce que
c’est raciste. Au contraire, il faut que les opinions, même les plus folles,
puissent s’exprimer. Ne serait-ce que pour qu’on puisse les combattre !
Imaginez un grand débat public auquel seraient conviés ceux qui persistent à
nier l’existence des chambres à gaz. Ils exposeraient leurs théories. Après quoi,
on leur projetterait des films – certains très connus, d’autres moins – sur les
camps de la mort et on leur demanderait ce qu’ils en pensent.
Ne croyez-vous pas
que cela aurait plus d’impact que de dire nous vous refusons la parole parce
que vous êtes révisionniste ?»
Un débat public avec les
révisionnistes réserverait sans doute quelques surprises, et c’est bien
pourquoi il n’a jamais eu lieu. Mais l’intention de Me Poncet est bonne et me
ramène à ma question initiale :
Quelque chose serait-il
en train de changer sous les cieux de la plus très libre Helvétie ?
Mariette Paschoud
1 Rédigé pour le numéro de septembre, cet article n’a pas été publié, faute de
place. Il nous paraît néanmoins toujours actuel.
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L’agriculture
Le
paysan est l’homme d’un pays.
Or il n’y a plus de pays.
Le paysan doit donc disparaître…
Il y a un contraste flagrant entre le traitement réservé aux paysans
dans une société traditionnelle et dans notre actuelle civilisation en état de
décomposition. Dans un livre consacré à la chrétienté médiévale comme modèle de
développement, Raymond Delatouche écrit : «Le Moyen-Âge a choyé ses paysans.
Pour prix de leurs travaux, il leur a donné la liberté et la quasi-propriété.
Contre guerres et rapines, il les a protégés à l’égal des clercs; il les a
exemptés du service des armes. L’Eglise les a promus aux plus hautes charges.
Les villes, fleur de la civilisation, sont restées, même Paris, pénétrées de
ruralité.» 1 Et, par contraste, ceci : «La
société industrielle pourchasse le paysan : il est un poids, un gêneur. Quand
elle ne peut l’éliminer, elle le dénature par la technique qu’elle lui impose.»
(Ibidem, page 16). Tout aussi indifférent à leur sort en Suisse, l’actuel
président de la Confédération déclare à leur propos «laisser jouer le marché…» Mais
quel marché ?
Car si, effectivement,
le marché fait le juste prix, encore convient-il d’en définir le terme, sans
quoi ce mot, détourné de son sens, dissimule une imposture et une violation
flagrante des lois élémentaires de la saine concurrence. Les propos de Pascal
Couchepin relèvent dans ce cas davantage du cynisme que d’une quelconque
rationalité économique.
Pour qu’une concurrence
soit parfaite, quatre conditions doivent être réunies :
1. La transparence des
opérations commerciales, concentrées en un seul lieu, le marché, précisément, à
des heures précises d’ouverture et de fermeture. Les prix sont discutés ouvertement
et il est interdit de vendre en dehors du marché.
2. L’homogénéité : les
produits ou marchandises sont présentés en unités rigoureusement semblables et
leur qualité est vérifiée par des experts, qu’on appelait, au Moyen-Âge «probi
homines»2 .
3. L’atomicité, qui
interdit toute entente entre vendeurs ou acheteurs qui serait de nature à
influer sur les cours, le prix d’équilibre résultant mécaniquement de la
confrontation de l’offre et de la demande.
4. Le libre accès au
marché, qui est ouvert à tout intervenant potentiel : c’est le marché public.
Apparemment, le mot de
Pascal Couchepin ne dit pas autre chose, sauf à considérer que le village est
devenu à ce point «global» qu’il s’est élargi aux dimensions de la planète,
puisque le consommateur suisse aura sur son marché local aussi bien des œufs
danois, des légumes d’Espagne, du lait et du fromage de Hollande, des fruits
africains, de la viande d’Australie, etc. Le paysan local, fermant boutique,
devra se transformer en paysagiste ! Tout le non-sens de l’évolution récente de
l’agriculture réside dans cette dénaturation du système agricole de production,
imposé en Europe par l’Union européenne et imité du système industriel. Il
s’agit là non d’une contrainte économique mais idéologique : c’est cette
assimilation forcée de la production agricole à la production industrielle
qui fausse totalement, en ce domaine précis, les lois de la saine concurrence
en imposant à la classe paysanne, toujours liée par nature à un terroir, des
lois théoriques de marché devenues folles, parce qu’elles ne correspondent plus
à aucun marché réel, mais bien uniquement à une pure recherche de profit
pécuniaire sans aucun égard ni pour les producteurs locaux ni pour les
producteurs lointains.
On a observé avec raison
que des sociétés ne disposant d’aucune homogénéité sociale, culturelle,
économique, ne peuvent sans injustice pour tous entrer en concurrence sur un
marché sans qu’automatiquement ce marché constitue en lui-même une violence
exercée à la fois contre les producteurs lointains et contre leurs collègues
proches lorsqu’il s’agit de produits identiques. Où se situe, exactement, la
dérive ? Elle est dissimulée derrière un bien apparent : le service du
consommateur… Dans une société morale, ce service est assuré, en agriculture
notamment, par la qualité réelle de celui-ci en incluant les charges réelles
pour le producteur. Mais dans une société livrée à la recherche du profit
pécuniaire sans référence morale, il n’y a plus de loyauté ni de liberté
véritable dans la détermination des prix par la seule loi de l’offre et de la
demande, mais interventions de groupes de pression externes au marché,
exploitant le travail d’autrui à bas prix là où cela est possible et cassant
des prix de produits identiques sur le marché local au préjudice des
producteurs locaux, de sorte que la loi de la libre concurrence est doublement
violée, sur le plan international par une fausse égalité entre producteurs
lointains et producteurs locaux, également méprisés, et, d’autre part, par une
assimilation contre nature du système de production agricole au système
industriel, lequel lui est parfaitement étranger par essence même.
Aussi ma conclusion sera
celle de feu Jean-Clair Davesne dans son étude éblouissante sur la crise
moderne de l’agriculture, justement intitulée : L’agriculture assassinée 3 :
«Le vrai problème est de
changer complètement de politique agricole en répudiant celle que la société
industrielle met actuellement en œuvre et en redonnant aux paysans la place qui
doit être la leur sur les plans social et économique. L’agriculture biologique,
qui se confond avec l’agriculture traditionnelle lorsqu’elle renonce à faire
appel aux énergies externes, exige une main d’œuvre abondante, qualifiée,
indépendante, qui est à l’opposé du schéma de l’agriculture industrielle,
laquelle suppose une main d’œuvre peu nombreuse appliquant des recettes élaborées
par l’industrie et diffusées par les techniciens, tous deux dominés par la
filière agroalimentaire.»
Il va de soi qu’à
identité de produits, celui qui vient d’un pays lointain ne peut, du seul fait
du coût de son transfert, concurrencer un produit local sans fausser le jeu de
la concurrence. S’il y parvient, c’est donc qu’il y a eu violence faussant les
lois du marché. L’imposture est aussi simple que cela !
Le pouvoir
monopolistique de l’Argent est une catastrophe sociale.
Michel de Preux
1 «La chrétienté médiévale – un modèle de développement», éd. Téqui, Paris
1989, page 17.
2 D’où vient mon patronyme !
3 Edition de Chiré – F-86190 Chiré-en-Montreuil (Vienne) 1898, pages 210/1.
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En feuilletant «24 heures»
Meurtrier d’Anna
Lindh
Finalement, ce n’était
pas lui. Mais on a soupçonné quelques jours un homme de 35 ans, drogué et «proche
des néonazis les plus notoires de Suède», qui aurait suivi un traitement
pour consommation de cocaïne dans notre pays !
Traduction probable :
accro à l’héroïne, il serait venu régulièrement en Suisse pour profiter des
shootoirs chers à dame Ruth Dreifuss, auxquels le Conseil d’Etat et le Grand
Conseil vaudois s’opposent heureusement.
18 septembre, pages 25
et 29
Pauvre Samuel
Triste nouvelle le 21
septembre : notre excellent camarade le pasteur Samuel Dubuis est entré dans la
paix du Seigneur, à l’âge de 78 ans. Annonces mortuaires de la famille, de la
rédaction du «Régional», du Conseil synodal, de la paroisse de Pully-Paudex et
de l’Abbaye des Bourgeois de Pully.
Annonce, deux jours plus
tard, des Vieux-Zofingiens vaudois et des Vieux-Zofingiens lausannois, qui le
nomment Samuel Dubois !
24 septembre, page 19 ;
26 septembre, page 17
Fin de la «compétence
universelle»
On se souvient que les
Belges s’étaient donné une loi dite «de compétence universelle» leur permettant
de juger pénalement tout délinquant, quels que soient sa nationalité, son lieu
de résidence ou le lieu de commission du délit.
A l’époque, on songeait
évidemment aux membres des différentes juntes sud-américaines, éventuellement à
quelques vieillards nazis survivants.
Hélas, c’est M. Ariel
Sharon (pour les massacres de Sabra et Chatila), M. Bush senior et M. Colin
Powel (pour leur responsabilité dans la première offensive contre l’Irak, en
1991) qui furent les premiers inculpés.
Impossible ! La loi a
donc été promptement abrogée et la Cour de cassation belge a définitivement
clos le dossier.
25 septembre, page 7
Drogues «douces»
Fâché de la décision du
Conseil national de refuser l’entrée en matière sur la nouvelle loi sur les
stupéfiants, le rédacteur de mon dodu quotidien de référence gronde que cette
décision «ne résout rien» .
Sans doute. Mais la
dépénalisation aurait résolu quoi ?
26 septembre pages 1 à 3
Prix du bon goût…
… à Etienne Dumont, sauf
erreur directeur de la cinémathèque suisse, pour le titre de son article
nécrologique : «Elia Kazan a pris le tramway nommé Cimetière»
30 septembre page 15
C.P.
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Après l’annonce de l’UDC, le chœur des vierges !
Il fallait être
sérieusement myope pour ne pas la voir, la fameuse page de l’UDC[1], ou bien
être un lecteur exclusif du seul journal vertueux de Suisse romande, la
Liberté, qui tient ses lecteurs pour des débiles incapables de se forger une
opinion par eux-mêmes.
La nomenklatura, tous
ceux qui endossent une responsabilité dans le marasme actuel issu de la
politique menée par la gauche, y compris les représentants de la presse
quotidienne, ont évidemment crié au loup : populisme, xénophobie, racisme,
peste brune, heures-les-plus-sombres, nausée, tout le vocabulaire habituel du
petit politicien correct aura servi abondamment.
Même les candidats
romands ont été surpris par le ton et par la désignation sans complaisance des
causes de la chienlit : «des criminels chouchoutés, des requérants d’asile sans
gêne, une mafia albanaise brutale».
L’UDC cite des chiffres
qui s’appuient, dit-elle, sur des statistiques de l’office fédéral de la
police, mais cet office affirme qu’il ne les «comprend pas». L’UDC affirme que,
pour notre système d’asile, «nous payons chaque année 2 milliards de francs
d’impôt». Le parti socialiste vaudois s’offre une pleine page de réponse,
pour réfuter : «C’est faux ! le budget de l’office fédéral des réfugiés est
de 0,924 milliard», sans s’apercevoir que si le budget de l’ODR frise le
milliard, il est hautement plausible que la politique d’asile nous coûte, en
impôts, au moins le double !
S’il fallait donner à
l’un des deux partis la palme de la propagande électorale la plus grotesque et
la plus mensongère, je n’hésiterais pas à l’offrir au parti socialiste vaudois
pour son sous-titre : «l’UDC blochérienne est le parti des riches».
A l’heure où paraîtront
ces lignes, les sièges seront attribués, pour le Conseil national, et on pourra
juger de l’augmentation du nombre de «riches», en Suisse, au succès prévisible
de l’Union démocratique du centre.
Ce qui m’inquiète, avec
l’UDC, ce n’est pas son discours, qui tranche heureusement, malgré quelques
outrances, sur la bouillie antiraciste habituelle dans les gazettes
bien-pensantes.
Ce qui me dérange, ce
sont les méthodes : la propagande est pensée à Zurich, payée à Zurich, traduite
à Zurich, et imposée telle quelle dans toute la Suisse, sans même que les
sections cantonales aient été ni consultées ni même informées.
Ce centralisme au sein
du parti est l’image de ce que serait la Suisse dirigée par M. Blocher et ses
amis zuricois. Fini le fédéralisme ! Fol espoir que des assemblées de délégués
donnant la parole à des Romands !
C’est de cette arrogance
qu’auraient dû se plaindre les candidats romands de cette formation politique,
et non du contenu de l’annonce, qui n’est probablement ni plus mensonger ni
donc plus blâmable que la propagande des autres partis qui jouent aujourd’hui
les vierges effarouchées.
Claude Paschoud
1 «24 heures» du 10 octobre, page 32
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Campagne publicitaire raciste… financée par les
antiracistes !
C’est une grosse balle
dans le pied que vient de se tirer la «Fondation contre le racisme et
l’antisémitisme» avec sa campagne d’affichage véhiculant les clichés les
plus éculés sur les Thaïlandaises, les Noirs, les Juifs ou les Kosovars. Vous
l’avez peut-être lu dans votre quotidien habituel, photographies des affiches à
l’appui.
On y voit notamment la
tête hilare d’un Noir, sur arrière-fond de bananes et de noix de coco, avec
l’inscription, en gros caractères : «Que font les Noirs à midi avec leur
femme ?»
Un petit cartouche, en
bas, contient la réponse en caractères minuscules : «Ils mangent, comme tout
le monde».
Sur le même schéma, on
voit la tête souriante d’une charmante Asiatique. «Que font les
Thaïlandaises, la nuit venue» ? … «Elles allument la lumière, comme tout le
monde».
«Comment les Juifs
gagnent-ils leur argent ?»… «En travaillant, comme tout le monde» . Et «D’où les Kosovars ont-ils
leurs autoradios ?» … «Ils les achètent, comme tout le monde en Suisse».
M. Sigi Feigel et Mme
Susanne Alb, respectivement président et responsable de la Fondation contre
le racisme et l’antisémitisme , estiment que cette campagne nationale
d’affichage est volontairement choquante et déstabilisante, et
veut «faire réfléchir la population, en particulier les jeunes, sur la
manière insidieuse de véhiculer des clichés».
On est stupéfait
d’apprendre en outre que cette campagne, qui «vaut» 2 millions, n’aura coûté
que 270'000 francs à la Fondation, grâce à une participation de 100'000 francs
de la Confédération, et au cadeau des sociétés d’affichage et de l’agence de pub.
Telle qu’elle se
présente, la campagne d’annonces a un caractère raciste et antisémite patent.
Le fait même de poser la question : «Comment les Juifs gagnent-ils leur
argent» suggère au lecteur le moins antisémite que ce n’est probablement
pas «en travaillant» ou tout au moins pas en travaillant «comme tout
le monde».
Et si on pose la
question «D’où les Kosovars ont-ils leurs autoradios», c’est bien pour
suggérer insidieusement qu’eux ne les achètent pas comme tout le monde en
Suisse, mais qu’ils les trouvent, ou qu’ils les volent, ou qu’ils les achètent
à des gens qui les trouvent ou qui les volent…
Et la minuscule réponse,
en bas de l’affiche, ne sera pas lue ou ne convaincra pas ceux qui sont
convaincus que toutes les Thaïlandaises, la nuit venue, se préparent à faire le
trottoir, que tous les Noirs, dans leur cocotier, font des enfants chaque midi
à leur épouse, et que tous les Juifs tirent leurs revenus du prêt à usure.
Loin de faire réfléchir
sur l’origine de ces clichés, la campagne de la Fondation contribue à les
diffuser et à en assurer la pérennité.
Quand j’étais jeune, on
disait que les Appenzellois étaient petits, que les Thurgoviens et les Gitans
étaient des voleurs, que les Neuchâtelois étaient «fourbes et courtois» et que
les Bernois étaient lents. Les Français connaissent depuis longtemps la bêtise
des Belges et des Suisses. On raconte aujourd’hui dans le monde entier des
blagues sur les blondes.
A l’origine, ces clichés
ne sont pas partis de rien. Est-il bien intelligent de continuer à les
diffuser, fût-ce sous forme interrogative, pour y répondre, en tout petits
caractères, de façon plate et sans conviction ?
Que fait un antiraciste
quand il se veut choquant et déstabilisant ? Il diffuse des clichés racistes, comme
tout le monde !
C.P.
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Bon anniversaire
Qui est-ce qui imprime
Le Pamphlet depuis janvier 1981 ? C’est l’Imprimerie Beck1.
Qui est-ce qui dit : «Pas
de problème» quand le rédacteur responsable ne parvient pas à respecter le
délai rédactionnel ? C’est l’Imprimerie Beck.
Qui est-ce qui accepte
avec gentillesse de procéder à l’ultime dernière correction de Max juste avant
le tirage ? C’est l’Imprimerie Beck.
Qui est-ce qui corrige
les imprécisions de notre maquette, blanchissant par-ci, resserrant par-là,
afin d’obtenir la meilleure mise en page ? C’est l’Imprimerie Beck.
Qui est-ce qui nous fournit un excellent travail sans se
préoccuper des critiques que pourrait lui valoir sa collaboration avec une
«feuille d’extrême droite» ? C’est l’Imprimerie Beck. Et croyez-le, cela ne va
pas de soi. A l’époque où nous enquêtions en vue de trouver l’imprimeur idéal,
nous avons rencontré plusieurs «courageux» qui nous refusaient leurs services,
officiellement pour des motifs idéologiques, mais plus probablement par crainte
des ennuis. L’Imprimerie Beck considère fort sagement qu’un client est un
client et qu’elle n’est pas responsable du contenu des textes qu’elle imprime,
ce qui lui a, semble-t-il, réussi.
Car l’Imprimerie Beck
fête cette année ses vingt-cinq ans d’existence. Et qui est-ce qui
a offert, le 29 septembre, une agape fraternelle à sa fidèle clientèle ? C’est
l’Imprimerie Beck.
A Alain Beck, à Jean-Michel
Péclard et à toute leur équipe, nous adressons nos félicitations, nos vœux et
surtout nos remerciements, non seulement pour le gueuleton fort apprécié, mais
aussi et principalement pour leur gentillesse, leur patience, leur souplesse,
leur disponibilité et la qualité de leur travail.
Que l’avenir leur soit
propice et puisse notre collaboration se poursuivre longtemps encore.
Réd.
1 Av. Dapples
34 A, 1006 Lausanne, tél. 021 616 50 53, fax 021 616 61 48, courriel
alainbeck@imprimeriebeck.ch., site www.imprimeriebeck.ch
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[1] «24 heures» du
10 octobre, page 32
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Les numéros 1 à 300 du Pamphlet (années 1970 à 2000)
ont
été reliés en un seul beau volume.
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Reliure d’une très belle toile bordeaux,
dos lisse avec inscriptions à la feuille d’or :
«le pamphlet» en caractère libra 1,5 cm de haut,
1970-2000 en bas. Volume enrichi d’un index (48 pages) de tous les articles,
classés par rubrique, auteur, titre et sujet
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Il ne reste plus que quelques exemplaires !
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Prix : CHF 450 ou € 300
frais
d’emballage et de port en plus.
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Commandes
à notre adresse : Le Pamphlet, case-ville 4047
1002
Lausanne
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ou
par e-mail à lepamphlet@hotmail.com
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